Une question revient souvent chez les indépendants et les TPE qui se lancent : peut-on vraiment envoyer une newsletter sans débourser un euro ? La réponse courte est oui. La réponse plus utile demande quelques nuances, parce que tout dépend de ce que vous voulez faire et de votre niveau d’exigence.
Bonne nouvelle pour commencer, c’est plus simple qu’il n’y paraît. Plusieurs plateformes proposent un plan gratuit qui vous permet d’envoyer vos premiers emails à votre liste de contacts en quelques minutes. Mais avant de choisir, il vaut mieux comprendre ce que recouvre vraiment le mot “gratuit”. Pour le processus complet de mise en place, vous pouvez consulter notre guide pour créer sa première newsletter.
En deux mots : plusieurs plans gratuits permettent d’envoyer une newsletter en 2026, dont Brevo (300 emails par jour), MailerLite (12 000 par mois sur 500 abonnés) et Sender (15 000 par mois sur 2 500 abonnés). Tous imposent des limites qui finissent par bloquer les projets sérieux.
Ce que veut dire “gratuit” pour une newsletter
Une newsletter, c’est un email envoyé périodiquement à une liste d’abonnés. Format, fréquence, ton : tout est variable. Si vous hésitez sur la frontière avec un emailing commercial classique, lisez notre article sur la différence entre emailing et newsletter.
Pour l’envoyer “gratuitement”, deux pistes existent. La première consiste à utiliser un webmail comme Gmail ou Outlook. C’est tentant mais ça ne tient pas longtemps. Au-delà de quelques dizaines de destinataires, vous tombez sur les blocages anti-spam de votre fournisseur, vous perdez les statistiques d’ouverture et vous risquez de voir votre adresse pro restreinte. Pour aller plus loin sur ce point précis, voyez créer une newsletter avec Gmail : est-ce une bonne idée ?.
La seconde piste, beaucoup plus solide, consiste à utiliser une plateforme emailing dédiée qui offre un plan gratuit. C’est ce qu’on détaille ici.
Les 5 plans gratuits utiles à connaître en 2026
Voici les plateformes qui méritent un regard quand on démarre sans budget. Les chiffres viennent de leurs pages tarifaires officielles, à jour début 2026.
Brevo (français, ex-Sendinblue). Contacts illimités, 300 emails par jour, ce qui revient à environ 9 000 par mois si vous envoyez tous les jours. Marketing automation basique inclus, formulaires d’inscription, mini CRM. Logo Brevo imposé en pied d’email.
MailerLite. 500 abonnés maximum, 12 000 emails par mois. Interface simple en glisser-déposer, automatisations basiques, jusqu’à 10 landing pages. Bon compromis pour démarrer une liste B2B modeste.
Sender. 2 500 abonnés, 15 000 emails par mois. C’est le plan le plus généreux en nombre d’abonnés. Workflows d’automatisation pré-construits inclus.
Mailjet (français). 1 000 contacts, 6 000 emails par mois avec un plafond de 200 par jour. API solide pour les structures un peu techniques. Pas d’automatisation sur le plan gratuit.
Mailchimp. Le plus connu n’est plus le plus généreux. Depuis début 2026, le plan gratuit ne permet plus que 250 contacts et 500 emails par mois. Aucune automatisation, aucune programmation d’envoi. À éviter sauf cas très particulier.
Pour choisir, deux critères suffisent au démarrage : la taille de votre liste actuelle et la fréquence d’envoi. Si vous misez sur la croissance, Sender ou Brevo. Si vous démarrez avec une petite communauté de prospects fidèles, MailerLite suffit largement.
Les limites cachées du gratuit
Les comparatifs s’arrêtent souvent au volume d’envoi et au nombre d’abonnés. Or les vraies limites du gratuit sont ailleurs.
Le branding imposé. “Sent with Brevo” en pied de page. “Powered by Mailjet” dans le header. Pour un consultant qui adresse des DRH ou une agence qui présente ses références à un prospect, ce filigrane envoie un signal clair : cette personne n’a pas investi dans son outil. C’est rarement ce qu’on cherche à projeter.
L’IP mutualisée et la délivrabilité aléatoire. Toutes les plateformes routent vos emails depuis une IP partagée avec des centaines d’autres utilisateurs. Si l’un d’eux envoie du spam, votre délivrabilité (la capacité de vos emails à arriver en boîte de réception et non dans les indésirables) en pâtit. Sur les plans gratuits, vous n’avez aucune main sur cette IP.
Les conditions qui restreignent la prospection. Mailchimp interdit certains secteurs entiers comme la formation au travail à domicile, le MLM ou le trading. Substack interdit explicitement les newsletters dont le but est de promouvoir des produits ou services externes, ce qui élimine d’office la prospection B2B. Si votre projet sort des clous éditoriaux d’une plateforme, vous serez suspendu sans préavis.
Les fonctionnalités qui manquent. A/B test sur l’objet, segmentation dynamique, automatisation poussée, suppression du logo : tout cela passe en plan payant. Vous démarrez vite, vous plafonnez aussi vite.
Attention au “gratuit” Hubspot. Le plan gratuit Hubspot Marketing Hub permet de stocker 1 000 contacts dans le CRM mais zéro contact marketing. Conséquence : impossible de leur envoyer une newsletter sans souscrire un plan payant. Le mot “gratuit” est trompeur dans ce cas précis.
Quand le gratuit suffit, quand il ne suffit plus
Le plan gratuit fait parfaitement le job dans certains contextes. Il devient un frein dans d’autres.
Le gratuit suffit si votre liste reste sous les 500 abonnés, si vous envoyez 1 ou 2 emails par mois, si le contenu est plutôt informatif et si votre image n’est pas votre premier argument de vente. Pour un consultant qui anime une communauté de 200 anciens clients avec une newsletter mensuelle de partage de veille, MailerLite ou Brevo gratuit suffit largement.
Le gratuit montre ses limites dans plusieurs cas. Quand vous dépassez 1 000 abonnés. Quand vous voulez automatiser des séquences (un email de bienvenue, une relance d’inactifs, un scénario après inscription). Quand vous faites de la prospection à froid en B2B. Quand vous adressez un public exigeant qui jugera votre image au premier coup d’œil. Et quand vous voulez piloter sérieusement votre délivrabilité.
Pour une agence qui souhaite envoyer une séquence de 4 emails à 1 500 contacts entrants suite à un téléchargement de livre blanc, le gratuit ne tient plus.
Préparer la sortie du gratuit dès le départ
Le passage au payant arrive plus vite qu’on ne le pense. Quelques précautions évitent de perdre du temps et des données au moment du basculement.
Exportez régulièrement votre liste au format CSV. C’est votre actif le plus précieux et il vous appartient, pas à la plateforme. Conservez aussi les statistiques importantes (taux d’ouverture, taux de clics) avant de quitter un outil. Avant de migrer, vérifiez la politique sur les contacts inactifs : certaines plateformes les comptent dans le quota, d’autres non, et le calcul peut basculer du simple au double. Et faites toujours un envoi de test à votre propre adresse depuis le nouvel outil avant la première vraie campagne.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur outil gratuit pour créer une newsletter en 2026 ?
Cela dépend de vos volumes. Brevo offre 300 emails par jour avec un nombre de contacts illimité, idéal pour des envois fréquents. Sender autorise 2 500 abonnés et 15 000 emails mensuels, parfait pour une liste qui grossit. MailerLite reste le plus pédagogique pour les vrais débutants.
Peut-on faire une newsletter vraiment illimitée gratuitement ?
Aucune plateforme professionnelle ne propose des envois totalement illimités gratuits. Substack et beehiiv s’en approchent, mais leurs conditions d’utilisation restreignent fortement les newsletters commerciales B2B. Pour la prospection ou la fidélisation client, mieux vaut accepter un plafond clair plutôt qu’une suspension surprise.
Brevo est-il vraiment gratuit ?
Oui pour démarrer. Vous bénéficiez de 300 emails par jour à coût zéro, sans limite de contacts stockés. Mais le logo Brevo reste imposé sur tous vos emails et la suppression du branding est facturée environ 10 dollars par mois en supplément du plan payant.
Combien coûte une newsletter quand on dépasse le gratuit ?
Comptez entre 9 et 30 euros par mois pour un premier plan payant chez Brevo, MailerLite ou Mailjet, sur des listes de 500 à 5 000 contacts. Au-delà de 10 000 contacts, le budget grimpe vite et il devient pertinent de comparer avec une plateforme orientée B2B.
Peut-on envoyer une newsletter B2B avec un plan gratuit ?
C’est possible si votre liste est constituée de contacts opt-in (qui ont accepté de recevoir vos emails) et que votre activité ne tombe pas dans les secteurs interdits par les conditions d’utilisation. Pour de la prospection à froid B2B, le gratuit n’est ni adapté techniquement ni autorisé contractuellement par la plupart des plateformes.
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